Ça tourne dans ma tête.

 

Il y a ces bagages qui ne se défont pas tout seuls,

mon hésitation sur l’orthographe de cette première phrase,

et mes doutes et câlins pour tout le reste :

le CE2, le retour à la classe après deux ans de PDMQDC, ma patience, ma voix, mon dos, mon matériel, mes filles un peu plus loin de moi, au collège, les leçons, la MHM, leur réussite en grammaire avec Retz, Azraëlle ma jumelle brune, les cyberpapoteuses, mes élèves, lundi, mes cauchemars du week-end à venir, A., autiste, mon défi, les cartouches d’encre disparues, la cousinade de dernière minute, le temps qui file, fuie pendant que ma Dgedie peaufine des étiquettes, mes derniers dessins pour son école des Juliettes, mes séances d’arts plastiques, la chorale, enfin, la pré-rentrée  de demain, l’envie, la non-envie, ok, l’envie, la tenue de rentrée, les poils aux jambes et sous les bras, non on ne lève pas la main, mon homme, l’été, la pêche aux crevettes de nuit, le diable qui a disparu de l’école, mais non, ce n’est pas moi, un nouveau contrat d’édition, les phasmes à nourrir, crac, crac, les feuilles sèches, les tours d’ordi des collègues encore dans ma classe, les tours, pas encore les collègues, ces nouveaux murs, ces placards rêvés gravés « Roselyne for ever », mes nouveaux feutres 32 couleurs, les petits et grands parasites qui vont me les piquer, la perruche au dessus du clavier, les gerbilles au taquet, le sable qui s’écoule, l’odeur, la cour, l’école.

Tout se mélange.

Activité cérébrale au maximum, efficacité au minimum.

Bref, c’est la rentrée.