Moi qui n’aime pas les au revoir

Quitter une école, c’est mesurer son attachement :

  • aux élèves qui font la queue pour t’embrasser et à celui qui triche, comme Simplet dans Blanche Neige quand il se glisse encore et encore dans la file d’attente pour avoir des doses d’amour,
  • aux parents qui t’appellent « Maîtresse + » et qui rigolent quand tu es étonnée/inquiétée/flattée qu’ils te connaissent, toi qui n’est pas La maîtresse de leur enfant,
  • aux collègues qui se sauvent à midi pour trouver un fleuriste à l’autre bout de la terre et à celles qui n’ont pas peur de te prendre dans les bras à la sortie devant tout le quartier,
  • aux promesses de retrouvailles, d’éval et de bals et à celle de construire des ponts artistiques entre nos futures classes,
  • à un métier où on ne cesse jamais d’apprendre les uns des autres, à ce job qui nous inquiète encore aujourd’hui, à des valeurs qui nous poussent à nous battre pour Eux avant de penser à Nous
  • à la petite fille et son voisin qui bavent sur leurs doigts pour tracer les mêmes larmes que toi sur leurs joues.